Villa Fénelon, dite Villa de la Californie ou Villa Picasso, puis Pavillon de Flore

C’est sur un terrain offert à Alexandra en cadeau de mariage par son père, Eugène Tripet, consul de France à Moscou et personnalité cannoise, que la villa Fénelon, plus connue sous le nom de villa de la Californie, est édifiée en 1920. Le commanditaire est le vicomte de Salignac-Fénelon, mari d’Alexandra.  La villa projetée en 1903 par l’architecte H.Piquart d’Epernay comme résidence d’hiver pour le couple, n’est construite qu’après la guerre, sous la direction de Louis Hourlier, architecte à Cannes. D’un style éclectique propre à la fin XIXe siècle, doté de grandes baies cintrées, l’édifice est remarquable pour sa riche ornementation de façade réalisée  par le sculpteur Vidal, ainsi que pour sa toiture  en tuiles vernissées de couleur verte.

Pablo Picasso, qui recherchait à Cannes un nouveau lieu de travail, est séduit par la villa et son jardin de cactées. Il l’achète en 1955 et s’y installe avec Jacqueline Roque, sa nouvelle compagne. En 1961, la construction d’un immeuble résidentiel lui masque la vue sur la mer et le contraint à transférer son atelier.  La villa de la Californie est abandonnée avec tout son contenu lorsqu’il prend possession cette même année du Mas de Notre Dame de Vie à Mougins. C’est dans ce dernier lieu que Picasso décède en Avril 1973. Il est enterré à Vauvenargues, une autre propriété acquise en 1958.

Trois années d’inventaires ont été nécessaires pour rassembler et estimer la collection considérable des oeuvres laissées par l’artiste dans ses différentes résidences. Dans la villa de la Californie, un vrai trésor composé de nombreuses pièces d’art africain, d’une multitude de dessins, de peintures et de sculptures, est alors découvert ;  des oeuvres  inconnues de tous, réalisées dans cette villa-atelier et « oubliées » par le peintre. Une partie, a fait l’objet d’une dation à l’Etat français et permit la création du Musée Picasso de Paris. Les photos de l’artiste, prises dans ce lieu de travail par Edouard Quinn et Lucien Clergue, ont été exposées à Cannes.

Au terme de la succession du peintre, Marina, sa petite fille, hérite de la villa en 1980 et engage d’importants travaux de rénovation. Elle lui donne le nom de « Pavillon de Flore ». Le souvenir de Picasso y est omniprésent.
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Une belle villa de style éclectique, un peintre cébèbre et un trésor caché