Villa les Araucarias, puis Carmencita

Comme en témoigne le motif apposé sur le portail d’entrée,cette villa résolument moderne, construite en 1925, est une réalisation des architectes associés Emile Molinié, Charles Nicod et G. de Montaut pour le compte de la Société Française Immobilière de Paris. En 1933 elle appartient au baron de Dietrich, puissant industriel d'Alsace-Lorraine, puis en 1962 à la comtesse Sampieri.

Irène Cahen d'Anvers, qui deviendra la comtesse Sampieri est issue d'une riche famille juive. Elle est mariée en 1891, à l'âge de 19 ans, à Moïse de Camondo, un financier prospère et collectionneur d’objets d’art. Le couple a deux enfants, un fils, Nissim qui décède à l’âge de 25 ans et une fille Béatrice.   En 1902, Irène divorce et se convertit au catholicisme pour épouser le Comte Charles Sampieri, d'origine Italienne, en charge des écuries Camondo.

Désespéré par la mort de son jeune fils et non remarié, Moïse de Camondo lègue en 1917 son hôtel particulier parisien de la rue de Monceau à l'Union Centrale des Arts Décoratifs et y laisse une partie de ses collections. Le musée Nissim de Camondo est fondé. A sa mort en 1935, sa fille, épouse de  Léon Reinach, fils de Théodore Reinach, érudit fortuné et propriétaire de la célèbre villa Kérylos à Beaulieu sur mer, est la seule héritière des Camondo. Déportée pendant la deuxième guerre mondiale avec sa famille, ses biens sont confisqués. L’ensemble de la famille Reinach trouvera la mort dans les camps. La comtesse Sampieri, elle, n’est pas inquiétée, protégée par son nom italien et sa conversion.  Elle hérite de sa fille décédée à Auswitch, de la fortune des Camondo ; une fortune considérable qu'elle dilapide dans les casinos de la Côte d’Azur. Etablie à Cannes en 1962, elle y réside jusqu’à l'âge de 91 ans.  C'est sans doute elle qui  fait agrandir la villa et adapter le jardin, aujourd’hui propriété de Saoudiens sous le nom de Carmencita . 

En 1946, à l'occasion d'une exposition d'oeuvres d'art  retrouvées en Allemagne, la comtesse reconnaît  "La petite fille au ruban bleu" ;  un portrait d’elle enfant que son père avait commandé au peintre Auguste Renoir en 1880. Elle obtient restitution de ce tableau provenant de la collection  Camondo-Reinach et le vend aussitôt. Considéré comme un chef d’œuvre de l’artiste, il appartient désormais à la Fondation Bürhle de Zurich.

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L’histoire singulière d’une fortune et d’un tableau.